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Sœur Marie-Laure Larcher participait à Toulouse à une journée sur le thème « Consacrer sa vie au Seigneur ». Son histoire.
Les résistances , le Seigneur les brise une à une. S'il lui en reste encore quelques unes, sœur Marie-Laure Larcher finit par dire oui au Seigneur. Mais avant de répondre à son appel, elle a résisté obstinément. La vie consacrée, non seulement elle ne l'imaginait pas, mais elle n'en voyait pas non plus l'intérêt. Ayant grandi dans une famille où la pratique religieuse n'avait aucune existence, l'Eglise reste longtemps pour elle une grande inconnue. Et ce n'est ni le catéchisme, ni les communions, qui conduisent Marie-Laure sur le chemin de Dieu. « J'avais une image très froide de la religion, rien qui ne soit personnel, et une expérience qui ressemblait finalement à l'école, car le curé nous faisait apprendre des pages entières de la Bible » se souvient-elle. La découverte d'une vie de foi chez les autres, elle la fera grâce à une amie de son collège qui l'entraîne chez les scouts, au grand dam de ses parents. Mais à peine faite la promesse scoute, la famille quitte la Réunion et retourne en région parisienne. Exit le scoutisme, la messe du dimanche aussi. L'adolescente finit par s'éloigner de l'Eglise. La voilà engagée dans les mouvements d'extrême gauche très marqués par la violence. Elle devient très vite anticléricale et athée. Mais Dieu sait prendre des chemins détournés pour ramener à lui ceux et celles qu'il appelle. Ce chemin sera pour Marie-Laure une personne catholique et pratiquante, Florence. Le chemin Marie-Laure la rencontre à son école d'ingénieur. Elle qui ne veut pas entendre parler de curé et de bonne sœur devient pourtant son amie. Leur premier échange tourne vite à la confrontation, sauf que, pour la première fois, Marie-Laure se trouve face à une catholique qui ne répond pas à la violence par la violence. Dès lors, le dialogue s'engage. Ensemble, elles cheminent. « Au bout d'un an, j'ai reçu la grâce de faire une rencontre personnelle avec le Christ qui m'a retournée. J'avais 18-19 ans. Cela a remis en cause tout mon système de valeurs » raconte sœur Marie Laure. D'un monde violent et de destruction, elle passe à la découverte d'un monde positif et d'espérance. « Comment vivre ce quotidien ? » s'interroge la jeune femme bouillonnante. D'autant que beaucoup de choses la gênent encore dans la religion. C'est encore son amie qui va la faire avancer en lui laissant son groupe d'aumônerie, lorsque celle-ci doit déménager. Une fois de plus, Marie-Laure résiste. Entre son métier d'ingénieur au CNES et son implication dans un club de football, il n'est pas question de mettre un pied là-dedans. Elle cède finalement devant l'insistance du prêtre de la paroisse. L'amie partie, ce sont les jeunes dont elle s'occupe qui vont désormais lui poser les questions qu'elle ne veut pas se poser. Pour bien vivre son baptême, qui suppose d'être prêtre, prophète et roi, elle s'investit aussi dans les élections municipales de sa commune. La boucle est bouclée. Pas tout à fait. L'Esprit Saint travaille. Un « truc manque », mais quoi ? Elle a 30 ans. L'idée de la vie religieuse lui traverse l'esprit. Elle met cela sur le compte de la fatigue et prend des vacances. Rien n'y fait. L'idée fait son chemin. Après une retraite chez les jésuites, elle est sûre d'elle : c'est non. Le sort s'en mêle. Une opération l'immobilise plusieurs mois. Un livre va rouvrir « la plaie », celui du dominicain Timothy Radcliffe « Je vous appelle amis ». Une phrase surtout : « Si c'est vrai ce que je crois, c'est la chose la plus importante de ma vie. Le déclic a lieu. Elle a 31 ans. Marie-Laure sait qu'elle dira oui au Seigneur. Quand ? Elle ne sait pas. Où ? Encore moins. C'est une recherche sur le site de la Conférence des évêques qui lui apporte la réponse : les Dominicaines du Saint Nom de Jésus à Seilh. Elle y entre le 31 août 2005, à 36 ans. Le 24 août 2008, elle fait sa profession religieuse. « Pourquoi moi ? Pourquoi la vie religieuse ? s'interroge-t-elle encore . On se pose toujours la question car on n'est pas meilleur que les autres ». La réponse, « il faut la demander au Seigneur », souffle-t-elle. Propos recueillis par Florence Guilhem
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